12 octobre 2023

La Commission européenne a publié la semaine dernière le premier rapport sur l’état de la décennie numérique, qui montre les progrès accomplis dans la réalisation de la transformation numérique visant à rendre l’UE plus souveraine, plus résiliente et plus compétitive sur le plan numérique.  

Premier d’une série de rapports annuels, ce rapport comprend une évaluation des résultats obtenus par l’UE dans la réalisation des objectifs de la décennie numérique pour 2030 en matière de compétences numériques, d’infrastructures numériques et de numérisation des entreprises et des services publics.  

Il formule également des recommandations à l’intention des États membres et appelle à une action collective pour accélérer la numérisation et combler les lacunes actuelles en matière d’investissement. Ces actions seront soutenues par le nouveau Consortium européen pour l’infrastructure numérique (EDIC), un instrument mis à la disposition des États membres pour accélérer et simplifier la mise en œuvre de projets multinationaux.  

Plus de 165 milliards d’euros pour soutenir la transformation numérique  

Financement actuel et lacunes pour atteindre les objectifs de la décennie numérique  

Selon le Centre commun de recherche (CCR), les principaux instruments de financement au niveau de l’UE fournissent plus de 165 milliards d’euros pour soutenir les objectifs de la décennie numérique, ce qui représente un investissement sans précédent dans la numérisation. 65 % de ce financement est alloué à la numérisation du secteur public et des entreprises.  

Le mécanisme de relance et de résilience (RRF) est la principale source de financement public, fournissant plus de 70 % des fonds cartographiés :  

  • L’Europe du Sud, l’Europe de l’Est et les Balkans reçoivent la plus grande part du budget de la Décennie numérique par rapport à leur PIB respectif.  
  • L’Autriche et l’Allemagne allouent le plus grand pourcentage de leur budget RRF aux objectifs de la décennie numérique, soit environ 40 %.  

Infrastructure numérique  

Un investissement supplémentaire d’au moins 200 milliards d’euros est nécessaire pour atteindre l’objectif de 2030, à savoir une couverture totale en gigabits dans toute l’UE, ainsi qu’une couverture 5G dans toutes les zones peuplées.  

Les États membres sont encouragés à explorer les possibilités de financement pour compléter les investissements privés dans les zones qui ne sont pas commercialement viables, y compris les zones rurales et éloignées, en bénéficiant du cadre réglementaire de l’UE en faveur de l’investissement.  

Semi-conducteurs  

La loi sur les puces européennes, qui est entrée en vigueur le mois dernier, mobilisera 43 milliards d’euros d’investissements publics et privés afin de doubler la part de marché mondiale de l’UE dans les semi-conducteurs de pointe, en la faisant passer de 10 % actuellement à au moins 20 % d’ici à 2030.  

Les États membres sont également encouragés à promouvoir des politiques et des investissements nationaux pour stimuler davantage les capacités nationales de conception et de fabrication de puces et pour renforcer les compétences locales en matière de technologies avancées dans tous les secteurs.  

Numérisation des entreprises  

Des investissements et des incitations supplémentaires seront nécessaires pour atteindre les objectifs du programme politique de la décennie numérique (DDPP), qui exige qu’au moins 75 % des entreprises de l’UE adoptent des services d’informatique en nuage, le big data et/ou l’intelligence artificielle (IA) ; que plus de 90 % des petites et moyennes entreprises (PME) atteignent au moins un niveau de base d’intensité numérique ; et que le nombre de licornes (entreprises dont la valorisation est supérieure à 1 milliard d’euros) soit multiplié par deux.  

Pour améliorer l’adoption des technologies, les États membres sont encouragés à sensibiliser aux avantages de la numérisation des entreprises, ainsi qu’à promouvoir et à soutenir les centres européens d’innovation numérique (EDIH).  

Numérisation des services publics  

Bien que de nombreux États membres soient bien placés pour parvenir à la numérisation complète des services publics et à la disponibilité des dossiers médicaux électroniques, ainsi qu’au déploiement d’une identification électronique sécurisée (eID) pour les citoyens, des investissements importants sont encore nécessaires pour améliorer la disponibilité et la performance transfrontalières des services publics.  

En outre, le portefeuille européen d’identité numérique devrait être entièrement déployé d’ici 2030, complété par l’euro numérique, proposé en juin dernier.  

Compétences numériques  

Les États membres sont encouragés à donner la priorité aux investissements dans l’éducation et les compétences de haute qualité et à favoriser la participation des femmes aux STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) dès le plus jeune âge, afin de respecter l’engagement de l’UE d’accroître les compétences numériques de base chez au moins 80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans et d’atteindre 20 millions de spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC) d’ici à 2030.  

Comment la Belgique investit-elle dans la Décennie numérique ?

Le PRR de la Belgique alloue 27 % de son budget total au numérique, dont 1,4 milliard d’euros devrait contribuer aux objectifs de la transformation numérique. Le plan comprend des mesures axées sur les compétences numériques, l’infrastructure numérique et la connectivité, la cybersécurité et la numérisation des services publics.  

Le pays a amélioré ses performances en matière de numérisation des services publics et des entreprises, se situant au-dessus de la moyenne de l’UE en ce qui concerne l’adoption de l’informatique en nuage, de l’IA et du big data. Cependant, il est à la traîne en ce qui concerne les compétences numériques et l’infrastructure de connectivité, bien que des progrès aient été réalisés dans le déploiement et la couverture globale de la 5G.  

PME belges ayant au moins un niveau de base d’intensité numérique : 77 % contre 69 % au niveau de l’UE.  

La contribution de la Belgique au big data et au cloud : 23% et 47% des entreprises les adoptent déjà en 2020 et 2021 respectivement, contre 14% et 34% en moyenne dans l’UE.  

Les entreprises belges fournissant des services publics numériques : un score de 88 contre 84 au niveau de l’UE.  

La Belgique a également continué à renforcer son rôle de leader en Europe dans le domaine des semi-conducteurs par le biais de la recherche et du développement en finançant la recherche dans ce domaine avec l’IMEC, un institut de recherche de premier plan sur les semi-conducteurs. La Belgique contribue au projet important d’intérêt européen commun (IPCEI) sur la microélectronique et les technologies de communication avec des participants associés (recevant une aide inférieure au seuil du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC)). La Belgique participe également au programme Digital Europe pour mettre en place le projet Belgian-QCI, le premier réseau de distribution de clés quantiques en Belgique.  

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Marina Marcos  

Yvette Poumpalova 

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